Les illusions d’optique ont toujours le vent en poupe ! La numérisation a accéléré le culte de l’image et les nombreux formats, vidéo, photo, GIF ou réalité virtuelle, en ont renforcé l’émulation ! Certaines ont même fait exploser des records de vues sur les réseaux sociaux et ont eu leur place sur les plateaux de télévision. Pourquoi les illusions d’optique nous fascinent-elles tant, et surtout, comment fonctionnent-elles ? C’est ce que nous allons tenter de déterminer.
Le but des illusions d’optique : tromper notre cerveau. Oui, mais comment ?
Il est bien connu que les illusions d’optiques sont créées pour tromper notre cerveau. Mais comment tromper un organe aussi puissant que le cerveau humain ?
Tout d’abord, il faut savoir que, pour tromper quelque chose, il faut tromper son habitude. Le cerveau humain est capable d’enregistrer des millions de données. Chaque expérience de la vie, chaque objet que l’on rencontre est enregistré dans cette base de données qui nous est propre.
Ce qui est fascinant dans les illusions d’optiques, c’est justement leur capacité à déconstruire ce que notre cerveau connaît. C’est le cas de l’échiquier d’Adelson.
Dans cette illusion, le cerveau interprète la région sombre à gauche du cylindre comme une zone d’ombre qui proviendrait dudit cylindre. Les différentes teintes de vert sur le côté droit du cylindre induise aussi en erreur le cerveau, qui pense immédiatement à un point d’éclairage.
La fausse ombre, ainsi que le fait que, pour notre cerveau, un échiquier contient forcément des cases à alternance de couleurs, nous induit en erreur. Ainsi, on a l’impression que les deux cases sont différentes alors qu’elles sont strictement de la même couleur.
Des illusions de couleur
Il existe une multitude d’illusions d’optiques, et toutes ne font pas appel aux mêmes mécanismes. Ainsi, les illusions dites de couleurs peuvent être à une interprétation erronée ou simplifiée, ou à un défaut de nos photorécepteurs.
Des courbes vertes et bleues ? Et bien non, des courbes identiques, à l’environnement différent !
Au XVème siècle, Léonard de Vinci met à jour le principe de persistance rétinienne. Il indique que « si l’œil qui regarde l’étoile se tourne rapidement de la partie opposée, il lui semblera que cette étoile se compose en une ligne courbe enflammée. Et cela arrive parce que l’œil réserve, pendant un certain espace, la similitude de la chose qui brille et parce que cette impression de l’éclat de l’étoile persiste plus longtemps dans la pupille que n’a fait le temps de son mouvement. »
Ce n’est qu’au XIXème siècle que Michael Faraday définira ce phénomène, qui décrit le fait qu’après avoir observé un objet, son image se forme sur la rétine par l’intermédiaire du nerf optique pour y rester une fraction de secondes. En réalité, notre rétine possède une « certaine lenteur ». En effet, une nouvelle image se forme toutes les 1/12ème de secondes.
C’est également pour cette raison que les objets très rapides, comme les étoiles filantes, donnent l’impression de n’être qu’un trait lumineux et flou.
L’environnement des couleurs joue également un rôle prépondérant dans les illusions d’optiques. On l’a vu avec l’échiquier d’Adelson. D’autres illusions fonctionnent sur le même principe.
En effet, la luminance (quantité de lumière visible qui arrive à nos yeux à partir d’une surface donnée) joue sur notre perception de la couleur. C’est notamment le changement de luminance, qu’il soit progressif ou au contraire, brut, qui provoque cette différence de perception.
Ici, le changement de luminance a un impact sur notre façon d’interpréter les couleurs (il n’y a, à gauche comme à droite, qu’une seule teinte de gris)
Le rôle de la Géométrie
Les illusions d’optique peuvent également jouer sur les formes. On les appelle alors illusions optico-géométriques. Cette fois, notre rétine n’est pas en cause, mais notre cerveau est trompé par différents éléments de notre environnement, provoquant des erreurs de dimensions ou d’orientation.
Les illusions de Müller-Lyer et de Titchener permettent de les comprendre rapidement. Ces illusions sont composées de deux éléments, un élément-test et un élément inducteur.
Quel est la droite la plus longue ?
L’élément-test, en plusieurs exemplaires, est identique. Seulement, l’élément inducteur, de par son orientation, sa forme ou sa taille différentes, induisent le cerveau en erreur. Par conséquent, on a l’impression que les éléments-test sont tous différents.
Elles sont toutes de la même longueur !
D’ailleurs, si on supprime les éléments inducteurs, on constate immédiatement la similitude des éléments-test.
D’autres facteurs influencent les illusions optico-géométriques, comme la perspective. Un environnement qui joue sur la perspective donnera l’illusion que les objets placés devant sont de tailles différentes. L’effet de perspective joue alors son rôle d’élément inducteur.
Des photos qui bougent !
Les illusions les plus fascinantes sont certainement les illusions de mouvement, puisqu’elles peuvent donner vie à des photos et illustrations. En tout cas, à des images qui sont sensées rester fixes. Certaines donnent presque l’impression d’avoir des hallucinations !
Les illusions de mouvement sont crées grâce aux contrastes de couleurs mais aussi grâce aux formes géométriques qui les composent. Elles sont donc le mélange des deux types d’illusions vues précédemment.
Ce n’est ni une vidéo, ni un GIF !
Alors, comment ces mouvements sont-ils créés ?
Sur l’image de gauche ce sont des ondulations autour du centre tandis que sur l’image de droite, ce sont les différents cercle composés d’ovales qui semblent tourner. C’est la symétrie des figures et l’alternance des couleurs claires et foncées (violet- noir & blanc-vert pour la figure de gauche et bleu-noir & blanc-vert pour celle de droite) qui crée ces effets de mouvement.
L’illusion d’Akiyoshi Kitaoka est assez impressionnante. En effet, on voit clairement trois rouleaux qui tournent les uns autour des autres. Pourtant, cette image est bien fixe. Le mouvement est bien imaginé par notre cerveau car ce dernier est trompé par les différentes formes des points bleus.
Toute l’illusion vient de la forme et des couleurs !
Le fait que ces derniers rétrécissent donnent l’illusion d’une forme convexe. Le contour des ovales, noir d’un côté, blanc de l’autre, sont autant d’éléments qui induisent un effet de mouvement.
Cet effet est donc bien réalisé en trompant notre cerveau, qui associe les éléments de formes différentes à l’image d’un rouleau, élément qu’il connaît et a déjà assimilé.
Pour aller plus loin sur les illusions d’optique
Les illusions d’optiques sont bien davantage que des images divertissantes. Elles permettent d’en savoir plus sur les caractéristiques de notre œil et de notre cerveau. Elle permettent aussi de nous renseigner sur la façon dont notre expérience influence parfois ce que l’on peut voir.
Pour en savoir plus sur la lumière et les illusions d’optique, n’hésitez pas à découvrir cet épisode de « C’est Pas Sorcier » consacré à ce sujet. Il retrace notamment le travail effectué par les artistes exposant lors de la fête des lumières de Lyon. Vous découvrirez les jeux de mouvements et les effets visuels trompeurs permettant de créer des illusions impressionnantes au cœur de la ville.
Sources : guide-vue.fr, tpe-les-illusions-d-optique.webnode.fr
Dans un secteur parfois pris d’assaut par les grands groupes, il peut être difficile de s’affirmer. Mais face aux changements d’époque, aux prises de conscience, à la volonté de se démarquer des phénomènes de mode, il devient commun de se tourner vers de petits artisans. La lunetterie artisanale fait l’objet d’un retour en grâce dans la conscience collective. Cependant, elle reste encore très peu mise en avant. Elle possède pourtant des atouts indéniables et incarne surtout un amour inconditionnel du métier.
La lunetterie artisanale, c’est quoi ?
La lunetterie artisanale se démarque de la fabrication industrielle des lunettes. Elle consiste à fabriquer des lunettes qui sont, en général, conçues et montées de A à Z par la ou les mêmes personnes, et ont la particularité d’être uniques. Si la base du travail est souvent la même, l’élaboration de lunettes par un artisan laisse place à l’imagination et ne connaît aucune limite.

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Un artisan lunetier sera ainsi amené à utiliser différents matériaux, parfois les plus incongrus. Il laissera parler sa créativité pour créer des montures aux formes toujours plus élaborées, avec une touche toute particulière apportée aux finitions.
Cette façon de travailler impacte forcément le consommateur. Les montures réalisées par des artisans sont en général bien plus élevées, en moyenne, que les montures fabriquées de façon industrielle.
Bien entendu, la qualité est souvent au rendez-vous. S’équiper d’une paire de lunettes artisanale convient de la changer moins souvent. Elle tiendra bien plus longtemps, spécialement lorsqu’elle est fabriquée sur-mesure. C’est là que le parcours change par rapport à un équipement traditionnel.

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En effet, le client exprime d’abord ses besoins, ses envies, se soumet à des tests de morphologie faciale pour être certain d’obtenir la monture idéale. Il ne commence pas par essayer une paire de lunette exposée sur un présentoir. Les délais de conception son également, bien sûr, plus longs que pour des montures industrielles.
Des matériaux originaux pour des conceptions singulières
Forcément, un artisan se doit d’élaborer ses produits avec des matériaux de qualité. Le plus épatant, c’est que le choix de ces matériaux ne peut justement être séparé du créateur. Ce dernier sera en effet plus enclin à utiliser tel ou tel produit de fabrication selon ses propres expériences.

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Le lieu de domicile, la culture familiale, la personnalité vont avoir un rôle à jouer dans la fabrication des lunettes artisanales et sur-mesure. Artisan-lunetier suisse, Yvan Vollmy préfère l’authenticité de la campagne aux grandes villes et considère que ce choix a un impact sur ses créations. Désireux de travailler des matières nobles, il découvre un jour que l’ivoire de Mammouth est assimilé à un minerai par la Convention de Washington. C’est l’occasion idéale de travailler cette matière sans sacrifier la biodiversité !
D’autres matériaux originaux comme l’acétate, les algues, le bois, le jean, les grains de café sont régulièrement utilisés pour concevoir des lunettes.
La recherche de matériaux évolue constamment. Ces dernières années, la volonté de proposer des modèles fabriqués à partir de matériaux durables s’est largement répandue, prouvant que l’artisan sait parfaitement s’adapter aux contraintes d’un monde qui change.

@lucas-de-staël
Qui dit lunetterie artisanale dit innovation !
La lunetterie artisanale n’est pas en reste lorsqu’il s’agit d’innover. Et les évolutions technologiques sont largement prises en compte dans son modèle. Un artisan peut tout à fait posséder un atelier moderne et être féru de nouvelles techniques de fabrication.
L’impression 3D fait partie de celles-ci. Cette technique est en effet un excellent moyen d’assurer un service sur-mesure à un client. La fabrication de certains éléments peut être utilisée par certains artisans, qui apposeront ensuite leur touche finale et des finitions d’un extrême qualité.
Le fait des choisir des matériaux insolites tout comme des formes singulières, en prime pour réaliser un produit unique et sur-mesure suffit à comprendre que la lunetterie artisanale fait constamment preuve d’innovations et de recherche de solutions aux divers problèmes et interrogations que peuvent soulever un secteur concurrentiel.

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L’artisanat est donc un excellent moyen pour se démarquer de la concurrence. Il permet aussi de toucher une cible à la recherche d’unicité et de très haut de gamme.
Devenir lunetier, une vocation
Choisir de devenir artisan-lunetier, c’est d’abord être passionné. Il existe plusieurs façons de se former, notamment via le Bachelor Lunetier Créateur que peut proposer l’Institut Supérieur d’Optique.
Afin de se spécialiser dans un domaine en particulier, et d’acquérir une connaissance encore plus précise et technique, les formations MOF lunetiers préparent au concours et sont gages d’excellence. De nombreux artisans lunetiers au travail original et reconnu sont passés par ce concours.
Quelques lunetiers d’exception

@sebastien-geslin
Dans le monde entier, on trouve des lunetiers qui font parler leur savoir-faire et leur expression à travers des créations insolites et exceptionnelles.
Découvrez une liste non-exhaustive de ceux-ci :
Clément Lunetier, Strasbourg, France
Yvan Volmy, Rolle, Suisse
Lucas de Staël, Paris, Frane
Yann Goubet, France
Andy Wolf, Autriche
Henau, Belgique
David Cox, Royaume-Uni
Sébastien Geslin, France
et bien d’autres…
Pour terminer et vous faire apprécier ce travail méticuleux qu’est la lunetterie artisanale, découvrez en vidéo la fabrication d’une monture par Sébastien Geslin, artisan lunetier français.